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Et si le problème n’était pas Parcoursup mais la carte des formations universitaires

  • 24 févr.
  • 2 min de lecture

Chaque printemps, le même scénario se répète : angoisse des familles, files d’attente numériques, incompréhension des futurs étudiants. Face aux classements, Parcoursup devient le bouc émissaire idéal, trop opaque, trop anxiogène. Mais ces tensions bien réelles ne seraient-elles pas le symptôme d’un mal plus profond ?

 

Ces crispations sincères masquent en effet l’essentiel : on dénonce la plateforme, ses algorithmes, ses délais mais, pour comprendre le problème posé par l’outil, il faut regarder en amont. Depuis la loi de 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités, ces dernières proposent elles-mêmes leurs maquettes de formation. Mais, en réalité, la carte des formations universitaires dépend fortement des arbitrages de l’État, via l’accréditation et les dotations, et on assiste, impuissants, à un pilotage vertical sans vision territoriale intégrée et à des décisions parfois dictées par la contrainte budgétaire plus que par la stratégie régionale, avec parfois même comme conséquence une concurrence implicite entre sites.

 

La Bretagne, tout comme les autres régions, n’a donc pas la main sur un levier pourtant essentiel à son développement. Alors même qu’elle affiche des priorités fortes – mer, cybersécurité, agroalimentaire, santé, transitions énergétiques -, l’offre de formations évolue sans coordination stratégique globale. Nous formons beaucoup dans certaines disciplines saturées et pas assez dans d’autres en tension.

 

Mécaniquement, les bacheliers plus nombreux sont devenus des étudiants en surnombre sans que leur course vers l’échec ne soit stoppée : faut-il rappeler que moins de la moitié des étudiants inscrits en première année de licence obtiennent leur diplôme dans le parcours de trois à quatre ans – les autres abandonnant, se réorientant, redoublant ou sortant sans diplôme dans ce délai – et qu’environ 22 % d’entre eux sortent du système sans aucun diplôme.

 

Il ne s’agit évidemment pas de réduire l’université à un simple appendice du marché du travail : elle doit rester un lieu d’émancipation intellectuelle, de recherche fondamentale et de liberté académique. Mais la liberté n’est pas l’aveuglement. Former massivement sans débouchés identifiés, c’est entretenir l’illusion d’une réalité qui n’existe pas.

 

Lorsque la Région investit dans l’immobilier universitaire et la recherche, on pourrait raisonnablement exiger que ces investissements soient davantage corrélés à des priorités stratégiques partagées. Cela pourrait passer par une conférence régionale stratégique de la carte des formations, le conditionnement de certains financements régionaux, des spécialisations complémentaires et non plus concurrentielles et une meilleure articulation entre formation initiale et continue. Il ne s’agirait plus d’étatiser régionalement l’université, mais de reconnaître que la carte des formations est loin d’être neutre parce qu’elle dessine la Bretagne de demain.

 

Si la Région investit, elle doit pouvoir coconstruire, Si l’université est autonome, elle doit aussi être responsable territorialement.

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