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Lycéens : « Défendre leur voix, refuser la violence, démasquer ceux qui l’attisent »

2 oct.
2 min de lecture

Dans une tribune, Agnès Le Brun, conseillère régionale de Bretagne, ancienne maire de Morlaix (29) et ancienne députée européenne, donne son point de vue sur les mouvements de lycéens qui secouent la France.



Depuis quelques jours, des centaines de lycées sont bloqués à travers le pays. À Lille, à Toulouse, en Île-de-France, jusqu’à Rennes : abris de bus détruits, salles de classe vandalisées, mortiers d’artifice tirés, personnels agressés. Et des lycéens, souvent mineurs, sont conduits en garde à vue. Ce que les jeunes manifestants réclament, des professeurs et la possibilité d’étudier dignement, n’a rien d’extravagant. Chaque enseignant sait ce qu’est une classe surchargée et chaque parent responsable ce que coûte une heure de cours perdue et jamais rattrapée.


Ce malaise est réel : le balayer serait une faute. Mais précisément parce que cette parole est légitime, rien ne justifie la violence qui la défigure. Un abri de bus brûlé, c’est un service public payé par tous. Un lycée dégradé, c’est le patrimoine de la Région, donc de chaque contribuable. Un agent frappé, un policier blessé, ce sont des êtres humains atteints, pas des symboles de papier. La condamnation doit être sans faille, sans « mais », sans excuse sociologique qui vaudrait absolution, d’autant que les casseurs sont une minorité qui confisque la parole de la majorité.


Ne soyons cependant pas aveugles. Cette violence dit quelque chose de notre société : une frustration qui trouve moins de débouchés dans la parole que dans le geste, une école à qui l’on demande tout, une culture de l’image choc où la vidéo d’un feu circule plus vite que la revendication. Comprendre n’est pas excuser mais la condition pour agir. Avec une fermeté équivalente, il faut garantir le droit de manifester, liberté fondamentale, et sanctionner durement tous ceux qui cassent et qui frappent. Il faut recevoir, écouter, répondre. Un ministère ou une Région qui dialogue ne cède pas : il prive les casseurs de leur meilleur argument.

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